RTO et RPO : deux acronymes à maîtriser avant de signer un contrat d'infogérance
Le RTO mesure combien de temps votre entreprise peut se permettre d'être arrêtée. Le RPO mesure combien de données elle peut se permettre de perdre. Deux indicateurs que votre contrat doit mentionner explicitement.
- RTO = durée d'arrêt acceptable, RPO = volume de données qu'on accepte de perdre — deux indicateurs à exiger dans le contrat.
- Chaque système peut avoir son propre RTO/RPO : un ERP en période de clôture n'a pas les mêmes exigences qu'un site vitrine.
- Une intervention rapide n'est pas une restauration rapide : vérifiez que le contrat engage sur un temps de remise en service, pas juste de prise en charge.
- Le contrat doit préciser fréquence, durée de conservation et lieu de stockage des sauvegardes pour chaque système critique.
- Un même tarif pour un RTO de 4h et de 48h cache forcément quelque chose — réduire le RTO/RPO a un coût réel.
RTO et RPO, deux acronymes qui apparaissent dans les contrats d’infogérance et les plans de reprise d’activité, souvent sans explication. Pourtant, ces deux indicateurs définissent concrètement le niveau de protection de votre entreprise en cas de sinistre. Les comprendre, c’est pouvoir exiger des engagements précis de votre prestataire, et évaluer si ce que vous payez correspond à ce dont vous avez réellement besoin.
RTO : le temps maximum d’indisponibilité acceptable
Le RTO (Recovery Time Objective) est la durée maximale pendant laquelle votre activité peut être interrompue avant que les conséquences deviennent insupportables.
Pour un cabinet d’expertise comptable en période de bilan, un RTO de 4 heures peut déjà être critique. Pour une société de négoce dont l’activité est principalement terrain, un RTO de 24 heures peut être acceptable. Pour une PME de e-commerce avec des ventes continues, un RTO de quelques minutes peut être la limite.
Chaque entreprise a son propre RTO, et il peut varier selon les systèmes. Le RTO de votre ERP est peut-être de 4 heures, mais celui de votre système de paie de 48 heures, et celui de votre site vitrine de 72 heures.
Ce qu’il faut vérifier dans votre contrat : est-ce que votre prestataire s’engage sur un temps de restauration précis en cas d’incident majeur ? Un contrat qui garantit seulement “une intervention dans les 4 heures” ne garantit pas que vos systèmes seront opérationnels dans les 4 heures, seulement que quelqu’un regardera le problème.
RPO : la perte de données maximale acceptable
Le RPO (Recovery Point Objective) est l’horizon temporel de la sauvegarde que vous serez en mesure de restaurer après un incident. En d’autres termes : combien de données êtes-vous prêt à perdre ?
Si votre dernière sauvegarde date de la veille au soir, votre RPO réel est de 24 heures, vous perdrez toutes les données créées dans la journée en cours si un incident survient. Si vous faites des sauvegardes toutes les 4 heures, votre RPO est de 4 heures.
Les sauvegardes en temps quasi-réel (réplication continue) permettent un RPO de quelques minutes à quelques secondes, mais leur coût est significativement plus élevé. Elles sont justifiées pour les systèmes dont la moindre perte de données est critique (bases de données transactionnelles, systèmes de paie, dossiers médicaux).
Pour la plupart des PME, un RPO de 24 heures est acceptable pour la majorité des données. Un RPO de quelques heures est recommandé pour les données à fort volume de modifications quotidiennes.
Pourquoi ces indicateurs doivent figurer dans votre contrat
Beaucoup de contrats d’infogérance mentionnent “la gestion des sauvegardes” sans préciser ni la fréquence, ni la durée de conservation, ni le temps de restauration garanti. En cas d’incident, vous découvrez alors que “la sauvegarde était hebdomadaire” ou que “la restauration prend 48 heures”, des informations qui auraient dû être dans le contrat.
Pour que votre contrat soit réellement protecteur, il doit mentionner :
- La fréquence des sauvegardes pour chaque système critique
- La durée de conservation des sauvegardes (1 mois, 3 mois, 1 an selon les obligations légales)
- Le lieu de stockage des sauvegardes hors site
- Le RPO garanti pour chaque système
- Le RTO garanti en cas de demande de restauration partielle (un fichier, un répertoire) et en cas de sinistre complet
Aligner RTO/RPO avec votre réalité opérationnelle
La première étape est d’identifier vos systèmes critiques et d’estimer pour chacun d’eux le coût réel d’une indisponibilité. Ce calcul n’a pas besoin d’être précis à l’euro, une estimation de l’ordre de grandeur suffit.
Un ERP à l’arrêt coûte en perte de productivité environ 30 heures x coût horaire moyen de vos équipes qui l’utilisent. Une boutique en ligne à l’arrêt coûte directement en chiffre d’affaires non réalisé. Un logiciel de comptabilité à l’arrêt est moins critique en production quotidienne mais peut l’être lors d’une clôture.
Une fois ce coût estimé par système, vous pouvez décider quel niveau de protection (RTO/RPO) est économiquement justifié pour chacun, et l’inscrire dans votre cahier des charges prestataire.
Ce qui conditionne le coût
Réduire le RTO nécessite une infrastructure de secours prête à prendre le relais rapidement, ce qui coûte plus cher qu’une simple sauvegarde. Réduire le RPO nécessite une fréquence de sauvegarde plus élevée et une réplication plus fréquente, ce qui consomme plus de bande passante et de stockage.
Un prestataire qui vous propose le même tarif pour un RTO de 4 heures et un RTO de 48 heures vous vend la même prestation dans les deux cas, ce qui signifie que l’un des deux n’est pas honnête.
Si vous souhaitez définir vos RTO/RPO et vérifier si votre infrastructure de sauvegarde actuelle les respecte, contactez l’équipe Zerobug.
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