Sauvegarde des données pour cabinet médical : ce que le DMP n'automatise pas

Dossiers patients, hébergement HDS et données locales : ce que les éditeurs comme Doctolib ne sauvegardent pas à votre place dans un cabinet médical.

Un cabinet médical manipule parmi les données les plus sensibles qui soient : les dossiers de santé de ses patients. Beaucoup de praticiens pensent, à tort, que leurs logiciels et les services en ligne qu’ils utilisent sauvegardent automatiquement tout ce qui compte. La réalité est plus nuancée, et les zones non couvertes sont précisément celles qui font le plus mal en cas d’incident. Faisons le point.

Une confusion répandue : « tout est dans le cloud »

Un cabinet utilise aujourd’hui plusieurs services : un logiciel de gestion de patientèle, une plateforme de prise de rendez-vous, parfois une messagerie sécurisée de santé, et éventuellement des outils de dossier patient partagé. Chacun héberge une partie des données, et chaque éditeur communique sur sa sécurité. D’où l’impression, confortable mais dangereuse, que « tout est sauvegardé quelque part ».

Le problème est que ces services couvrent chacun leur périmètre, et rien de plus. Un service de prise de rendez-vous en ligne sauvegarde les rendez-vous et les fiches qu’il gère, pas les documents stockés sur l’ordinateur du cabinet. Un logiciel métier hébergé protège sa base de données, pas les courriers, comptes rendus et images que vous enregistrez à côté, sur le poste ou un disque local.

La question à poser à chaque éditeur est simple et précise : que sauvegardez-vous exactement, à quelle fréquence, et que devons-nous sauvegarder nous-mêmes ? La réponse révèle presque toujours des zones à votre charge.

Ce qui reste souvent local, et donc à protéger

Même avec des services en ligne, un cabinet conserve quantité de données sur ses propres machines :

  • Les documents scannés et courriers rédigés hors du logiciel métier.
  • Les images issues d’appareils du cabinet, quand elles ne remontent pas automatiquement.
  • Les paramètres, modèles et configurations personnalisés du poste.
  • Parfois, une base de données du logiciel métier installée en local, si le cabinet n’utilise pas de version hébergée.

Ces éléments, s’ils ne sont pas explicitement sauvegardés ailleurs, disparaissent le jour où le poste tombe en panne, est volé ou est bloqué par un rançongiciel, ces logiciels malveillants qui chiffrent les fichiers pour exiger une rançon. Les cabinets de santé sont des cibles connues de ce type d’attaque, précisément parce que leurs données sont critiques.

L’hébergement HDS : une exigence propre à la santé

Les données de santé sont soumises en France à une obligation particulière : elles doivent être hébergées chez un prestataire disposant de la certification HDS, pour « Hébergeur de Données de Santé ». Cette certification garantit que l’hébergeur respecte un niveau élevé d’exigences de sécurité et de confidentialité adapté à la sensibilité des données médicales.

Concrètement, cela signifie que vous ne pouvez pas sauvegarder des dossiers patients n’importe où, par exemple sur un service de stockage grand public non certifié. Une sauvegarde de données de santé externalisée doit s’appuyer sur un hébergement conforme HDS. C’est un point que beaucoup de cabinets ignorent au moment de mettre en place une copie de secours « rapide » sur un service gratuit.

Choisir une solution de sauvegarde adaptée à la santé, c’est donc vérifier deux choses à la fois : qu’elle protège techniquement vos données, et qu’elle respecte ce cadre réglementaire spécifique.

Les principes d’une sauvegarde qui tient vraiment

Au-delà du cas particulier de la santé, une sauvegarde fiable repose sur quelques règles valables partout, mais d’autant plus importantes dans un cabinet médical.

1. Plusieurs copies, à plusieurs endroits

Une seule copie ne suffit pas. Vos données doivent exister à plusieurs endroits, dont au moins un en dehors du cabinet. Ainsi, un incendie, un dégât des eaux ou un vol n’emporte pas en même temps l’original et sa sauvegarde.

2. Une sauvegarde que le rançongiciel ne peut pas détruire

Les attaques modernes cherchent d’abord à effacer les sauvegardes avant de chiffrer les fichiers. Une sauvegarde dite immuable, c’est-à-dire impossible à modifier ou supprimer pendant une durée définie, résiste à cette manœuvre. C’est aujourd’hui une protection déterminante.

3. Une restauration réellement testée

Une sauvegarde ne vaut que par sa capacité à être restaurée. Trop de cabinets découvrent, le jour de l’incident, que la sauvegarde était incomplète ou corrompue. Tester régulièrement une restauration est le seul moyen d’avoir une certitude, pas une supposition.

Le secret médical, présent à chaque étape

Enfin, la sauvegarde d’un cabinet médical doit rester cohérente avec le secret professionnel. Les copies de données de santé doivent être chiffrées, leur accès strictement limité, et leur circulation maîtrisée. La sécurité et la confidentialité ne s’arrêtent pas aux données en usage : elles s’appliquent tout autant aux sauvegardes.

Chez Zerobug, nous accompagnons les cabinets médicaux et professionnels de santé de Fontainebleau et de sa région sur la mise en place d’une sauvegarde conforme, testée et respectueuse du secret médical. Pour faire le point sur ce qui est réellement protégé chez vous, contactez notre équipe ou demandez un audit.

Vos sauvegardes sont-elles vraiment fiables ?

Une sauvegarde non testée peut ne pas fonctionner le jour où vous en avez besoin. Nos ingénieurs auditent votre stratégie de sauvegarde et valident la restauration.

Mikael Guillerm
Rédigé par Mikael Guillerm Fondateur, Zerobug

Ingénieur systèmes et réseaux avec plus de 15 ans d'expérience, Mikael accompagne les TPE et PME de Seine-et-Marne dans leur informatique du quotidien : sécurité, infrastructure, support et Microsoft 365. Il a fondé Zerobug pour leur offrir un niveau de service habituellement réservé aux grandes entreprises, avec un interlocuteur unique et des engagements contractuels clairs.

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